La semaine en Aubrac : la transhumance
Et bien me voilà revenue après quelques jours passés sur les plateaux de l'Aubrac sous un soleil de plomb. A la demande de quelqu'unes d'entre vous, je vous fais partager ces moments simples avec les gens de cette terre.
Pour ceux qui ne connaissant pas trop l'Aubrac, c'est une terre qui se situe dans le nord est de l'Aveyron. Au nord, se trouve le Cantal, à l'est la Lozère . Route aussi des chemins de Compostelle !!
Et tant qu'à faire, cette semaine, je vais vous faire aussi partager sa flore, et sa gastronomie sans oublier le célèbre couteau 'Laguiole ' .
Tout d'abord, la transhumance vient du XII et XIIIè siècle . Les moines de la Dômerie d'Aubrac défrichent les hétraies, sur les plateaux de l'Aubrac et en font des paturages ou estives . Les bêtes y sont montées du 25 mai au 13 octobre.
La vache est de race Aubrac et se reconnaît bien : robe fauve pouvant avoir des taches grises . Les mâles ont souvent un 'collier ' gris foncé . Elles ont des membres courts et solides . Leur tête est très expressive et on les dirait maquillées . Le tour de l'oeil est blanc et souligné de noir .
Sur le plateau, les vaches donnaient un bon lait, avec lequel les 'cantalès' , vivant près de leurs bêtes dans les burons fabriquaient de la tome tout d'abord ( lait caillé qui sert à l 'aligot ) puis une fourme pour l'hiver . Depuis , le laguiole a vu le jour et les bêtes ont été tournées vers l'élevage de race à viande.
Le plateau de l'Aubrac est un ancien massif volcanique et ces coulées vont recouvrir les couches de granit. Ici et là, des lacs vont se former sur le sol argileux par endroits au Nord et donner des tourbières tandis qu'au Sud, l'eau ruisselante va former des gorges profondes vers le Lot .
Le Lot à Entraygues
L'homme a su tirer parti de ce plateau parfois ingrat, où le vent souffle souvent mais celui-ci a aussi su arrondir les reliefs et
la végétation a repris le dessus sur ces terrasses autrefois cultivées.
La tradition de la transhumance veut que ce soit le week end le plus proche du 25 mai . Nous étions entre 950 et 995 m d'altitude et l'estive peut aller jusqu'à 1300m .
Les troupeaux parcourent beaucoup de kilomètres parfois jusqu'à 40 . Dans ce cas, les petits veaux ne marchent pas avec leurs mères et sont amenés dans les bétaillères. Des haltes sont prévues dans les villages où les bêtes peuvent se reposer un peu et boire .
Et c'est avec toutes leurs décorations, leurs cloches et sonnailles qu'elles font leur entrée dans les villages !!!
L'arrivée dans le village d'Aubrac
Le repos à Saint Chély d'Aubrac
et c'est reparti.
On quitte le village en empruntant un draille, c'est à dire un sentier qui coupe à travers champs.Quelque unes en profitent
pour essayer d'attraper un peu d'herbe !!
puis vient le moment d'enlever toutes ces sonnailles et décorations.
Celles-ci viennent de parcourir près de 40 km et leurs petits veaux leur seront rendus pour têter avant de parcourir ensemble les derniers kilomètres qui leur restent avant d'arriver à l'estive .
Je signale quand même quelque chose d'important à mes yeux : c'est qu'ici, c'est la nature qui décide et les troupeaux sont entiers, avec vaches , veaux et taureau . En principe, il y a un taureau pour un troupeau de 50 vaches !
Le taureau ici à gauche a toujours une chaîne accroché dans les naseaux.
Je vous mets dans les liens, un reportage que j'ai mis sur Picasa . C'est l'arrivée d'un troupeau à Aubrac et n'oubliez pas le son.