Vergt et sa fraise - Le boycotte de la fraise espagnole
Vergt vient de Vernhe, en occitan les aulnes qui bordent le ruisseau et a été habitée dès la préhistoire.
Une bastide, située au coeur de la ville, a été construite par Archambaud III, comte de Périgord .
Jusqu'à la fin de la guerre de 100 ans , alternativement anglaise et française , Vergt a été le pays des Croquants ( Affaire Grellety sous Louis XIV - Affaire Chantal ) ( cf article sur les Croquants ).
Le pays Vernois fut un haut lieu de la Résistance pendant la 2ème guerre mondiale .
La Charlotte
Aujourd'hui, la fraise et le gras en sont les deux principales ressources.
La Cigaline - de mi mars à fin mai - Son goût est doux, sa chair juteuse, son arôme un peu musqué.
3000 tonnes de fraises sont produites chaque année et Vergt est l'un des plus importants producteurs de fraise en France avec 17% de la production et se situe en 2ème position .
La Garriguette et la Mara des Bois sont les plus appréciées mais la Charlotte, la Darselect et la Cigaline sont également cultivées à Vergt.
La
Darselect - de mi avril à fin juin . C'est un gros fruit rustique
Depuis 2004, elles sont les seules fraises à bénéficier d'une IGP ( Indication Géographique Protégée ) . Elles sont sur les étals de début avril à fin octobre, grâce à la culture sous tunnels, qui s'étendent à perte de vue .
La Garriguette - de mi mars à fin mai - Sa chair est juteuse, acidulée, parfumée. Gariguette a été obtenue en 1977.
Mara des Bois, d'obtention française récente, est une variété remontante, rouge brique, à
chair tendre, idéale pour le jardin. Elle se récolte à partir de juillet. De petite taille (entre 11 et 14 grammes), elle est fragile, juteuse et sucrée. Très proche des fraises sauvages, c'est
sans doute l'une des plus savoureuses
La Confrérie de la Fraise contribue à la valorisation de la fraise en participant à diverses manifestations dont la Fête de la Fraise à Vergt et à cette occasion, de nombreux habitants s'habillent en costume périgourdin et c'est encore une joie de faire revivre toutes ces anciennes traditions .
Cette année, elle se déroulera le 20 mai .
La Fête de la Fraise, en mai, draine beaucoup de visiteurs . Une tarte géante constitue l'apogée de la cérémonie .
Pour qu'un fraise soit agréable au goût, les producteurs du Périgord veillent à un bon équilibre entre le taux d'acidité et de sucré.
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Article tiré de la nutrition.fr :
"POURQUOI BOYCOTTER LA FRAISE ESPAGNOLE ??
| Des fraises hybrides |
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La fraise d’Espagne n’est pas une variété sauvage mais un hybride. Ces fraises résultent en effet d’une hybridation entre la fraise sauvage européenne (Fragaria vesca) et les variétés de fraises américaines (Fragaria chiloensis et Fragaria virginiana). La production de cette fraise espagnole a commencé de façon expérimentale dans les années 1960 avant de se généraliser. |
Une plaie pour l’environnement
Vu d’avion, c’est un parterre interminable de serres en plastique à perte de vue. La région de Doñana au Sud de l’Espagne est depuis les années 1960 le royaume de la fraise. 4500 à 6000 hectares sont réservés à cette culture et donnent chaque année 40 à 50 tonnes de fraises par hectare. A elle seule, la région assure 60 % de la production de fraises espagnoles dont 100 000 tonnes sont exportées chaque années, et 35 % vers la France.
Problème : pour assurer cette production de masse, la culture de fraise fait appel à des méthodes intensives désastreuses pour l’environnement. D’ailleurs les producteurs ne se gênent pas pour étendre encore leur territoire, quitte à empiéter en toute illégalité sur le parc national : 450 hectares faisant partie de cette zone protégée ont déjà été colonisés par la fraise espagnole.
La production de fraises dans la région de Doñana pompe à elle seule 20 millions de mètres cubes d’eau par an, ce qui représente un tiers des réserves en eau de la région.
Conséquence : le niveau des nappes phréatiques diminue de façon alarmante et certaines réserves d’eau sont déjà asséchées. Les conséquences sur l’équilibre écologique de la région ne se font pas attendre et l’association WWF (World Wild Fondation) dénonce une menace sur la biodiversité. La végétation qui a besoin d’humidité a déjà fait les frais de la sécheresse provoquée par la culture des fraises et commence à disparaitre.
Pour pouvoir produire des fraises quasiment toute l’année les producteurs utilisent des bâches de plastique à la saison froide. Au total, ce sont près de 4500 tonnes de plastique qui sont utilisées chaque année. Des déchets qui sont censés être collectés et recyclés mais qui se retrouvent parfois inopportunément dans la nature…
Le mode de production hors-sol favorise les moisissures, d’où l’utilisation généreuse de fongicides, mais aussi d’insecticides. En France, l’analyse en 2005 de 112 échantillons par la Direction G énérale de la Concurrence, la Consommation et la Répression des Fraudes a révélé des traces de pesticides dans 76% des barquettes, dont 16% au-dessus des limites autorisées. Mais en réalité, des résidus sont retrouvés dans la quasi-totalité des fraises espagnoles, au total 105 molécules différentes, selon une étude allemande. La moitié des détections porte sur 5 d’entre elles : le cyprodinil, le fludioxonil, le fenhexamide, le tolylfluanide et l’azoxystrobine.
Ces pesticides sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens et d’avoir des effets sur la reproduction humaine et le développement fœtal.
Pour des fruits la plupart du temps dépourvus de goût. Cela en vaut-il vraiment la peine ?
Les fruits provenant de cette région sont récoltés par des ouvriers agricoles maghrébins, certains entrés illégalement, qui reçoivent un salaire de misère et vivent dans des conditions déplorables. Depuis 2000, la région est périodiquement le théâtre d’actes racistes et même, de véritables «ratonnades » comme en octobre 2005, quand un groupe d'Espagnols cagoulés et armés de pistolets a investi une petite exploitation agricole dans la localité de Nijar. Bilan : trois blessés dont un par balle. En février 2000, une véritable chasse à l'homme avait été menée pendant 3 jours contre les travailleurs marocains, et s’était soldée par une soixantaine de blessés, la destruction de logements et d'une mosquée. En août 2003, des hommes circulant la nuit en voiture armés de battes de base-ball ou de barres de fer s’en étaient pris à des ouvriers agricoles.
L’exposition aux pesticides n’est pas sans risque pour ces travailleurs et Claude-Marie Vadrot dénonçait dans Politis l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau chez ces saisonniers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique. Et tout ça, pour un salaire moyen de 36 euros par jour…